Conformément aux directives de la CNIL, en poursuivant votre navigation vous acceptez l'utilisation de Cookies sur notre site. En savoir plus

OK

Le navire s'apprêtait à prendre pour la première fois la mer. Son voyage inaugural le mènerait de Saint-Denis, sur la petite île de Bourbon, jusqu'en Europe, ses cales encombrées de barriques de rhum arrangé, spécialité locale encore méconnue du vieux continent.

Tous ceux qui avaient participé à la construction étaient venus assister au grand départ, menuisiers, charpentiers, ferronniers ou tisserands. Ils contemplaient leur œuvre, le regard plein d'émotion.

Son grand mât se dressait, fier, arborant un pavillon orné de l'emblème de son affréteur : une bouteille enlacée par un poulpe couleur d'encre. Le navire semblait adresser ainsi un défi silencieux aux flots tumultueux de l'océan, prêt à déjouer tous les écueils, à braver toutes les tempêtes.

Le capitaine, campé derrière la barre, sous le mât d'artimon, cria. L'équipage se précipita pour larguer les amarres et hisser les voiles. Son second, à l'avant bâbord, agita son chapeau de la main pour lui confirmer qu'ils étaient prêts.

Alors que le navire prenait de la vitesse sous un soleil radieux, poussé par les alizés bienveillants, une clameur joyeuse s'éleva du quai. Le capitaine lança un regard en arrière vers les spectateurs. Il se découvrit, se tourna en direction de la rive, et leur adressa une révérence en signe de gratitude. Sans eux, ils n'auraient jamais pu réaliser ce rêve.

C'est ainsi que le grand voilier s'élança, du point de coordonnées 21 degrés Sud et 55 degrés Est vers l'aventure...